La Chandeleur est une fête religieuse chrétienne appelée la Présentation du Christ au Temple. Elle commémore la Présentation de l'enfant Jésus au Temple de Jérusalem et la purification de sa mère, la sainte Vierge (Luc 2, 22).
Le nom de cette fête en français, Chandeleur, a une origine latine et païenne : la festa candelarum ou fête des chandelles, d’après une coutume consistant à allumer des cierges à minuit en symbole de purification. , mais la Chandeleur tient aussi son nom de la bénédiction des bougies qui se pratique ce jour là 2 février dans les églises catholiques.
Enfin pour la Chandeleur, toutes les bougies de la maison doivent être allumées puisque c’est aussi un symbole de purification d’après la festa candelarum mais aussi d’après l’Eglise.
Dans la nature, c'est la période où les journées commencent à s’allonger chacune « d’un pas d’oiseaux » et dans les campagnes les fermiers se préparent déjà à ensemencer les champs, dans les jours prochains, alors que dans la basse- cour les poules recommencent à pondre et que dans les étables c’est le moment des premières naissances de veaux ou de poulains.
Dans les jardins, sur les gazons ou encore dans les plates-bandes devant les maisons les perce-neiges commencent à poindre et c’est le signe que le printemps approche.
La Chandeleur est actuellement fixée au 2 février et la tradition veut que ce soit aussi le jour des crêpes. On raconte que cette tradition est née du fait que le pape Gélase Ier faisait distribuer des crêpes aux pèlerins qui arrivaient à Rome pour la fête de la Présentation ».
Mais on dit aussi que les crêpes, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, évoquant le retour du printemps.
Selon une certaine superstition il faut faire sauter la première crêpe avec une pièce d’or dans la main et la conserver jusqu’à la prochaine Chandeleur sur le dessus d’une armoire pour attirer la prospérité et obtenir des récoltes abondantes.
On peut toujours essayer ca ne coûte rien …même si on n’est pas superstitieux.
Il est de mode actuellement de cuisiner des crêpes très sophistiquées, c’est-à-dire d’ajouter sur la crêpe des fruits, du chocolat, de la chantilly, du fromage frais sucré, etc…et de décorer le tout de fruits confits ou de vermicelles pâtissier de toutes les couleurs, enfin toutes sortes de suppléments pour donner à la crêpe une allure de gâteau qui finalement nous fait oublier le gout de la crêpe authentique, qui pourtant se suffit à elle-même dans sa savoureuse simplicité.Pour ma part, je préfère une crêpe toute simple, selon une bonne vieille recette familiale qui du reste existe dans toutes les familles certainement, mais que je rappelle ci-dessous pour ceux d’entre nous qui l’aurait égarée ou oubliée. Passons à la recette :
Crêpes sucrées - Pour 6 personnes - :
500 g de farine - 6 œufs moyens - 1 litre de lait - 1/2 cuillère à café de sel fin - 50 g de beurre fondu 2 cuillères à soupe de sucre vanillé(ou 2 sachets de sucre vanillé) - 1 cuillère à soupe de rhum ambré - beurre ou huile pour la cuisson - sucre fin pour les saupoudrer -
Faire fondre le beurre 60 secondes au bain-marie (ou au micro ondes) et réserver. –
Verser la farine tamisée dans une grande jatte -
Cassez les œufs dans un grand bol et les battre au fouet en ajoutant peu à peu le lait en continuant à battre au fouet pour obtenir un parfait mélange
Incorporer le lait et les œufs que vous venez de battre à la farine en versant petit à petit, et en tournant dans la farine avec une spatule pour bien mélanger le tout , ajouter le sel, le sucre vanillé, le rhum, le beure fondu, continuer à tourner le tout jusqu'à obtenir une pâte bien lisse.
Couvrir et laisser reposer 1 heure au moins à température ambiante.
Cuisson : Faire chauffer une poêle/crêpière à feu assez vif. A côté préparez dans un petit bol la matière grasse, beurre ou huile, que vous utiliserez pour la cuisson Graisser légèrement la poêle au moyen d’un petit tampon , verser un peu de pâte en tournant la poêle afin de bien napper toute la surface de pâte., laissez cuire 2 minutes pour la première façe , retourner et poursuivre la cuisson d'1 minute.
Déposer la crêpe sur un plat et saupoudrer de sucre en poudre
Continuer la cuisson en renouvelant l'opération et en déposant une fois cuite la deuxième crêpe sur la première, saupoudrez de sucre…. Et ainsi de suite ….
Se servent tièdes ….
Peuvent se déguster nature sucrée ou bien chacun choisira de les recouvrir de chocolat ou de confiture ou de compote.
Le prestigieux chef d'orchestre Mariss Jansons, dirigeait dimanche 1er Janvier 2012, le concert du Nouvel An de l'Orchestre philharmonique de Vienne, dans la «salle en or» du Musikverein, dont la décoration florale était assurée pour la 31e fois par les jardiniers de la ville italienne de San Remo
Directeur musical du Concertgebouw d'Amsterdam depuis 2004 et de l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise depuis 2003, Mariss Jansons a été un élève du chef d'orchestre autrichien Herbert von Karajan (1908-1989) et du Russe Yevgueny Mravinsky (1903-1988).
Au final, la célèbre valse « Le Beau Danube Bleu », de Johann Strauss fils (1825-1899), ... et, particulièrement appréciée des Viennois « La marche de Radetzky »(*) de Johann Strauss père (1804-1849), accompagnée comme chaque année par l’assistance battant la mesure en tapant dans ses mains.
Le programme comprenait notamment « le Galop de la locomotive à vapeur de Copenhague » du compositeur danois Hans Christian Lumbye (1810-1874), et l’ » Albion Polka » de Johann Strauss fils, œuvre créée à Vienne en 1851 en hommage au prince Albert de Saxe-Coburg-Gotha ( époux de la Reine Victoria, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande de 1837à 1901 qui devint de plus ensuite Impératrice des Indes de 1876 à 1901).
A la fin du concert, Mariss Jansons, et les musiciens du Philharmonique ont été longuement ovationnés par l’assistance enchantée. _________________________________________________________________
(*) note historique " La marche de Radetzky", est une célèbre marche militaire viennoise de Johann Strauss père qu'il dédia à l'époque au maréchal autrichien Joseph Radetzky, vainqueur de la bataille de Custoza contre les Piémontais en 1848 .
La marche de Radetzky est toujours particulièrement appréciée des Viennois, et une version de cette marche est traditionnellement interprétée à la clôture du Concert du Nouvel An donné par l'Orchestre philharmonique de Vienne.
Pour le Nouvel An 2013, le concert sera dirigé par l'Autrichien Franz Welser-Möst, directeur musical de l'Opéra de Vienne et de l'Orchestre de Cleveland.
Si vous avez l’intention d’assister au Concert du nouvel An 2013 il est recommandé de réserver votre place un an à l’avance.
Source Internet : commentaire figurant sous la vidéo copié/collé :
Un célèbre chant de Noël français. Paroles et historique de la chanson:
Minuit ! Chrétiens, c'est l'heure solennelle
Où l'homme Dieu descendit parmi nous,
Pour effacer la tache originelle
Et de son père arrêter le courroux :
Le monde entier tressaille d'espérance
En cette nuit qui lui donne un sauveur
Peuple, à genoux ! Attends ta délivrance,
Noël ! Noël ! Voici le Rédempteur !
Noël ! Noël ! Voici le Rédempteur !
De notre foi que la lumière ardente
Nous guide tous au berceau de l'enfant.
Comme autrefois, une étoile brillante
Y conduisit les chefs de l'Orient.
Le Roi des Rois naît dans une humble crèche,
Puissants du jour fiers de votre grandeur,
A votre orgueil c'est de là qu'un Dieu prêche,
Courbez vos fronts devant le Rédempteur !
Courbez vos fronts devant le Rédempteur !
Le Rédempteur a brisé toute entrave,
La terre est libre et le ciel est ouvert
Il voit un frère où n'était qu'un esclave
L'amour unit ceux qu'enchaînait le fer,
Qui lui dira notre reconnaissance ?
C'est pour nous tous qu'il naît, qu'il souffre et meurt :
Peuple, debout ! Chante ta délivrance,
Noël ! Noël ! Chantons le Rédempteur !
Noël ! Noël ! Chantons le Rédempteur !
Origine du Minuit Chrétiens
Placide Cappeau
Né à Roquemaure en 1807 dans une famille aisée. Cultivé et brillant, il poursuit des études d'abord chez les jésuites au collège Royal en Avignon, puis part étudier le droit à Paris.
Cet enfant du midi ne pourra poursuivre une carrière parisienne. Il vient s'installer dans son village natal afin de s'associer avec le Maire, Guillaume Clerc, dans un commerce de vins.
Genèse de la création du Minuit Chrétiens.
Le 3 décembre 1847, dans la diligence de Paris, entre Mâcon et Dijon, Placide Cappeau, écrivait les paroles d'un Noël, pour lesquelles il était fort loin de se douter un seul instant de l'immense succès qu’il obtiendrait par la suite.
Le curé de Roquemaure, l'abbé Eugène Nicolas, lavait prié de composer ce chant dans le cadre des manifestations culturelles et religieuses qu'il voulait organiser afin de recueillir quelques oboles pour le financement des vitraux de la collégiale Saint-Jean-Baptiste.
Placide Cappeau est alors âgé de 39 ans,
Roquemaure, port renommé de la région, spécialisé dans le commerce des vins de Côtes du Rhône, avait alors besoin de se doter dun pont suspendu pour traverser le Rhône.
L'ingénieur parisien Pierre Laurey était chargé de cette tâche. Pour l'heure il s'était installé dans ce lieu avec son épouse, Emily. Celle-ci, chanteuse, était en relation avec le compositeur Adolphe Adam, pour lequel elle avait interprété autrefois, en 1840 à l’Opéra-Comique, l'un de ses ouvrages en 3 actes, La Rose de Péronne, qui d'ailleurs ne fut pas heureux de l'aveu même de son auteur.
C'est elle qui adressa les strophes de Minuit Chrétiens au compositeur, qui est considéré comme l'un des créateurs de l'opéra-comique français.
Adam compose la musique en quelques jours et, le 24 décembre 1847, à la messe de minuit célébrée dans la petite église de Roquemaure, Emily Laurey chantait pour la première fois le Noël d'Adam.
Immédiatement célèbre, notamment grâce au baryton Jean-Baptiste Faure, ce chant de Noël échappa à l'auteur des paroles qui ne parvint même pas, comme il le désira plus tard, à changer le texte. Placide Cappeau, n'était en effet pas du tout un homme d'église, un fervent catholique, mais au contraire un libre penseur, un voltairien. Au culte d'un Dieu, il préférait celui de l'Humanité.
C’est ainsi qu'en 1876, dans son poème historique en vingt chants, figure le Cantique à l'orgue de Roquemaure, qui n'est autre que le Minuit Chrétiens, chanté par Placidie, l'amante, à l'orgue.
Nous sommes dans les semaines de l’Avent, dans deux semaines nous célébreront Noël, dans la foi l’espérance et la charité.
C’est dans cette période illuminée par les décors d’avant Noël que les bonnes âmes et les bons esprits qui sommeillent en nous se réveillent, et c’est aussi, pour chacun d’entre nous, en cette fin d’année qui s’annonce, le temps du recueillement, le moment de s’interroger si tout au long des jours de cette année qui s’achève, nous avons accordé à nos frères en humanité , - quelles que soient leurs croyances, leurs religion ou la notre, quelle que soit leur place sociale - ,l’amitié, la confiance et le respect que chacun se doit l’un à l’autre.
Avons-nous accompli les gestes humains d’amour, d’amitié, d’aide que nous aurions du faire tout naturellement en ouvrant notre cœur à l’autre, et si nécessaire notre bourse ?
Notre société politique et médiatique est souvent compassionnelle en intention, de grands discours, de grands galas et émissions, des médias nous interpellent, mais quand est-il des résultats positifs. ? Ne nous laissons pas bercer d’illusions sous ces flons flons , si nous ouvrons notre regard autour de nous, nous voyons bien tous les jours que des personnes et des familles, dans l'insécurité et la précarité de leur conditions d'existence, sont dans l’angoisse et l’incertitude du jour et du lendemain, alors en attendant que les pouvoirs qui détiennent la clef du verrou d’une amélioration sociale se décident à l'ouvrir , ce que nous risquons d’attendre longtemps au gré des politiques qui nous mènent de bateau en bateau de promesses non tenues, ne restons pas passifs, pour nous ce qui est important c’est de passer aux actes individuellement, selon nos moyens, si nous ne l’avons pas encore fait.
Une écoute, des paroles de réconfort , un sourire, une écoute attentive, quelques pièces ou billets offerts à ceux qui sont dans l’attente de l’urgence d’un secours pour s’acheter un repas ou des vêtements,un moment de présence auprès de ceux qui sont abandonnés dans leur solitude et leur problèmes, certes ce ne sera pas suffisant pour les tirer de leur souffrance , mais ce sera au moins le geste solidaire qui allumera en eux la flamme de la foi et de l’espérance en l’humanité .
Pour illustrer mon propos, j’ai sélectionné un poème de Jean-Marie Bedez, qui ressemble à une prière, oui en ce temps de Noël allumons une lumière de foi et d’espérance dans tous les cœurs , quelles que soient nos croyances religieuses ou laïques, selon nos moyens, et prenons la détermination de ne pas laisser s’éteindre sitôt passé le temps de Noël.
Ma grand mère Agathe Gornes épouse Pons était très pieuse, elle nous a quittés en 1959 , c'est en son souvenir que j'éoute toujours avec émotion et tendresse le Tantum Sacramentum qui était son hymne religieux préféré
J'ai rencontrée ce matin une charmante dame avec laquelle nous avons éprouvé le plaisir partagé d'échanger en toute sympathie nos points de vues sur différents sujets d'actualités, mais aussi et surtout nos réflexions sur l'éducation, la culture, l'écriture.
Cette dame a une activité qui la dirige vers son domaine préférentiel la chanson en tant que créatrice , pour ma part il m'arrive d'écrire des contes et nouvelles, mais aussi des poèmes, et au cours de notre conversation je lui ai promis de publier sur le présent blog l'un de mes poèmes "La Mélopée de Sanguima" et, en toute modestie, j'espère qu'elle lui plaira.
Présentation :
Cette mélopée est extraite de l’une de mes nouvelles écrite en 2004. Dans cettenouvelle la princesse Sanguimaqui possède le don de guérisseuse est la grand-mère d’un Roi Africain « Melchior » qui après maintes péripéties en Europeretrouve sont trône dans son pays d’origine
Avant que ne se termine le mois de Mai, le Mois de Marie, j’offre à mes lectrices et mes lecteurs les paroles de cet hymne que nous chantionsétant enfants pour la cérémonie du Couronnement de la Vierge.
Je me souviensque pour moi c’était dans le petit village de mon enfance, avant le couronnement de la Vierge Mariedans l’ÉgliseSainte Thérèse de l’enfant Jésus, toutes les rues avaient été décorées de roses blanches et roseset des autels de roses étaient dressés sur le parcours de la procession.
Les petites filles couronnées de roses et vêtues de robes blanches allaient en procession derrière notre vieux Curé, le Père Teyserre et notre dame de catéchisme, Mademoiselle Gentille,la première petite fille de la procession portait sur un coussin la couronne de roses pour la Vierge Marie.
On arrivait ensuite à l’Église, on entrait, deux petites filles procédaientau couronnement de la vierge qui se trouvait au-dessus de l’autel en grimpant sur deux petites échelles, l’une à droite l’autre à gauche, une fois la Vierge Marie couronnée, la messe commençait.
C’était les plus beaux jours du mois de Mai avec aussi celui des Communions solennelles qui secélébraientpeu de temps après le 8 Juin de chaque année.
C'est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau !
Sans échec la vie serait sans sel, on ne ferait presque jamais rien d'autre que l'ordinaire et le garanti réglés comme du papier à musique sans plaisir !
Comptine pour enfants, (du 19e siècle, sur une mélodie souvent attribuée à Mozart. En fait, elle date de 1761 et on la trouve dans "Les Amusements d'une Heure et Demy" de Mr. Bouin.
Elle serait due à Cambra et à Rameau et se trouve notée dans la Clé du Caveau sous le n°25, donc une des plus anciennes mélodies.
Les premières paroles sont apparues en 1765 avec "Le faux Pas".
En 1774 on publie, à Bruxelles, "La confidence naïve" et à Paris, vers 1780, "Les Amours de Silvandre" (texte ci dessous)
Si Wolfgang Amadeus Mozart s'est vu attribuer la paternité de cette musique, c'est qu'il a composé : Variations sur "Ah vous dirais-je, Maman" (K. 265) en 1781-1782 (à l'origine daté en 1778), à Vienne, alors qu'il était âgé de 26 ans. Cette pièce a été écrite pour piano et est composée de 12 parties.
La mélodie a inspiré de nombreux musiciens. On retrouve des variations dans le 2e mouvement de la Symphonie Surprise de Haydn (1791).
Il semble même que Beethoven a improvisé sur ce thème dans un concert donné à Prague en 1798.
Mentionnons également la célèbre chanson enfantine anglaise
"Twinkle, Twinkle, Little Star" publiée à Londres en 1806.
Ah ! Let me tell you now mother Whats the cause of my distress Papa wants me to think clearly Like a grown up oh how dreary Me I'd rather eat my lollies... they mean more to me by far..
comptine - 19e siècle –
Ah! Vous dirai-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je raisonne,
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison.
Ah! Vous dirai-je, Maman,
ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je demande
de la soupe et de la viande...
Moi, je dis que les bonbons
valent mieux que les mignons.
Ah! Vous dirai-je, Maman,
ce qui cause mon tourment
Papa veut que je retienne
des verbes la longue antienne...
Moi, je dis que les bonbons
valent mieux que les leçons.
version originale du 18e siècle "les amours de Silvandre"
Ah! Vous dirai-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Depuis que j'ai vu Silvandre, (ou parfois Clitandre)
Vous seriez bien surpris si je vous invitais à partager ma « petite madeleine de Proust », elle n’en a ni la forme, ni le parfum, ni le goût .Elle est plate ronde et dorée, d’ environ 15 centimètres de diamètre, d’un centimètre d’épaisseur, et son parfum d’huile d’olive , presque imperceptible à l’odorat se confond à son gout légèrement salé, et elle se déguste par petites portions, délicatement friable sous les dents, vous l’avez peut-être deviné « ma petite madeleine de Proust » est un Kessra algérienne.
Son pouvoir évocateur me restitue les escapades de mon enfance dans la campagne algérienne, quand j’allais rendre visite à Loucha, une grand-mère Kabyle, rose et blonde, toute ridée comme une pomme, mais si belle avec ses pommettes roses et ses yeux bleus brillants comme des étoiles, sous ses cheveux blonds striés de mèches blanches.
Madame Loucha habitait une petite maison entourée d’une cour protégée de roseaux, ou elle siégeait assise en tailleur devant son Kanoun et bien souvent elle y passait son temps à cuire des galettes de semoule (Kessra) et d’autres gâteries qu’elle me faisait goûter quand je lui rendais visite tout en me racontant des histoires de mariage ou d’autres réjouissances qui me ravissaient tout autant que les contes de Perrault.
Eh bien, ce matin à Paris sous un soleil tout à fait surprenant après les longs jours de pluie que nous venons de traverser, je me suis sentie tout d’un coup saisie d’une envie d’école buissonnière et mes pas m’ont dirigée vers le marché de Belleville, un de ces haut-lieux parisiens qu’il ne faut pas manquer quand on veut se retrouver dans une ambiance authentiquement nord-africaine. Des étals à perte de vue, recouverts de fruits, de légumes et de toutes sortes d’articles provenant d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, tenus par de marchands dont les voix se recouvrent, les unes les autres, pour proposer à qui mieux- mieux leurs marchandises pour « un’euro seulement les deux , Madame » ou « un’ euro les trois » ou encore pour ou encore « un’euro seulement les trois , les quatre, Missieux-Dame »… goutez… goutez …, le tout entrecoupé de plaisanteries avec les clients habitués qui remplissent leur cadis et leur panier, tout se bousculant les uns les autres pour se frayer un passage dans la foule nombreuse et bon enfant.
Et c’est là ce matin en me frayant un passage dans le marché de Belleville, que j’ai découvert pour « un ‘euro cinquante seulement », une Kessra, « ma petite Madeleine de Proust », sur l’étal d’un boulanger qui, en encaissant le prix, m’a gratifié d’un « bon appétit Madame » avec le plus parfait accent algérien. Ce Boulanger très sympathique et courtois ne pouvait pas savoir que j’avais acheté en même temps que ma galette une page de mon enfance, et c’est bien vrai qu’en dégustant, petit à petit, ma galette sur le chemin du retour, j’ai revu et retrouvé le grand ciel bleu, le grand soleil, les eucalyptus, les roseaux, les bougainvilliers, les fleurs des champs, la petite allée de terre qui conduisait à la maison de Loucha, les parfums des jasmins et des orangers, et biens d’autres souvenirs encore , tout ce qui dans ce temps-là enchantait les jours de mon enfance et que je porte enfouis en moi comme un paradis secret.
Hélas je n’ai pas le talent de Proust pour faire de « ma madeleine de Proust » une œuvre littéraire brillante et impérissable, mais tout de même cette petite page aura le modeste mérite, je l’espère, de raviver les souvenirs de certaines et certains qui comme moi sont nés outre-mer et qui souvent ici s’attendrissent un peu comme Proust « A la recherche du temps perdu », ….du côté de chez Swann, de Belleville ou d’ailleurs.
-Fichier SON MIDI -Extrait MP3 "Les chansons des petits"
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L'alouette est sur la branche, l'alouette est sur la branche Fait's un petit saut, l'alouette, l'alouette, Fait's un petit saut, l'alouette comme il faut Mettez vos bras en liance, Mettez vos bras en liance, Fait's un petit saut, l'alouette, l'alouette, Fait's un petit saut, l'alouette comme il faut Faites nous trois pas de danse Faites nous trois pas de danse Fait's un petit saut, l'alouette, l'alouette, Fait's un petit saut, l'alouette comme il faut Faites-nous la révérence Faites-nous la révérence Fait's un petit saut, l'alouette, l'alouette, Fait's un petit saut, l'alouette comme il faut
Les dernièresprièress’égrenaient, Lucile les récitait machinalementavec tous les fidèles, tout en regardant cette fois la statue de la Sainte Vierge tout au-dessus de l’autel. La Sainte Marie portait sur son voile bleu une couronne de roses naturelles, vestige un peu défraichi de la Fête du couronnement de la Vierge qui avait été célébré en procession le Dimanche précédent.
Il n’y avait pas eu de communion des fidèles au cours de cette Grand-messe (la communion des fidèles avait lieu pendant la « petite messe » du matin) et quand le Prêtre se retourna pour « l’Ite Missa Est », Lucile et ses petites compagnes en rang discipliné se dirigèrent vers la sortie pour s’envoler enfin sur le parvis comme une volée de bergeronnettes tout en bavardant entre elles.
- Viens avec moi Albine, proposa Lucile, je dois passer à la Boulangeriechez Monsieur Juan pour acheter des bonbons et des friandises, je t’en ferais gouter, mais je ne pourrais m’attarder hélas, je dois rejoindre ma voiture très vite parce que mon cocher me l’a demandé et je ne veux en aucun cas le fâcher en le faisant attendre.
- Ah c’est dommage je voulais que tu viennes un moment chez moi nous aurions pu nous amuser un moment et cueillir des fleurs dans le jardin
- Eh bien je te le promets nous le ferons dimanche prochain, mais aujourd’hui c’est mon anniversaire et nous devons être rentré pour Midi.
Albine embrassa son amie
- « Bon anniversaire », Lucile ! Tiens voici un cadeau pour toi, dit-elle et elle sortit de son petit sac une petite médaille de la vierge en émail Bleu !
- Oh comme elle est belle ! Aides moi à la passer sur ma chaîne d’argent, Merci, Merci de tout mon cœur
Les friandises achetées elles en goutèrent un peu et se séparèrent très vite .Le cocher attendait à l’emplacement prévu.
- Je ne t’ai pas fait attendre, j’espère que tu es content Mohamed ?
- Oui c’est bien ! , je suis content, mais maintenant il faut y aller.
La voiture s’ébranla et le voyage du retour comme l’aller permit à Lucile de bavarder encore pour passer le temps ; Il faisait plus chaud qu’au matin et pour se protéger du soleil Mohammed avait relevé la capote avant de la calèche, mais cela ne la gênait pas pour admirer le paysage et le retour se passa plus vite qu’elle ne l’avait prévu. Bibi le vieux cheval pressé de retrouver son avoine etson écurie pressait son trot.
Dès qu’ils arrivèrent à la ferme Lucile demanda la permission à sa mère d’aller faire un petit tour dans le jardin.
- Oui tu peux y aller mais pas plus d’un quart d’heure, nos invités vont arriver et tu dois te trouver avec nous pour les accueillir. .Donne-moi ton petit sac, je vais le ranger et fais attention de ne pas abîmer tes chaussures dans le jardin, suis les allées et évite de t’approcher des fossés et rigoles d’arrosage, vas voir les grands rosiers et tu me diras en revenant si les roses sont bien écloses. Hier soir il y en avait quelques unes épanouies, les roses et les jaunes surtout, mais les rouges du grand rosier n’étaient tout juste encore qu’en boutons
Lucile s’échappa dans le Jardinpressée de recevoir le Message que lui avait annoncé dans son rêve la Déesse Flora et dont elle ne doutait pas un instant qu’elle tiendrait sa promesse.
Ce jardin pour Lucile était son « autre monde » un lieu secret et mystérieux qu’elle ressentait comme surnaturel quand elle s’y trouvait seule.
Elle se dirigea vers le rosier qui se trouvait en bordure au milieu du Côté Est du Jardin sous un grand acacia et s’assitpensive et contemplative,sur une grosse pierre qui se trouvait là et lui servait souvent de banc pour ses rêveries éveillées.
Le Rosier ne portait que des boutons non encore déclos et Lucile le regarda un moment quand soudain, comme en un rêve, dans sa rêverie etses pensées,une magnifique rose rouge surnaturelle surgit du feuillage vert de l’acacia tout juste au-dessus du Rosier, dans une auréole de vibrations lumineuses, et lui délivra son message avec la voix de la Déesse Flora qu’elle avait entendu en rêve, touten répandant un parfum délicieux :
« Je suis la Rose de Lumière, Écoutes bien Lucile, tu manque de sagesse, si tu n’appelle pas la sagesse de ta propre volonté pour la fixer dans ton cœur, et tes pensées,elle s’enfuira de toi et tout ce tu feras ensuite dans ta vie blessera ou te blessera »
- Ton caractère est trop vif et impatientattise tout tes désirs, seule la Sagesse te conduira sur le chemin de la tempérance qui est un bien précieux Voilà mon secret Lucile : la force est éphémère, la beauté est passagère, seule la sagesse est éternelle Le jour de ta naissance sept fées se sont penchées sur ton berceau, six d’entre elles t’ont données chacune un don bénéfique, ces donsse révèleront en toi au fils des années, mais la Fée Carabosset’a jeté un sort maléfique pour se vengerles autres Fées qui se moquaient de sa laideur et de sa méchanceté,alors moi en ce jour au nom de la Déesse Flora, dont la puissance est supérieure à toutes les autreFées et en son nom , je suis chargée par elle d’effacer le sortmaléfique de la méchante Carabosse et de le remplacer par une vertu , viens près de moi Lucile, respire mon parfum, tu seras purifiée et ensuite, dis- moi,parmi ces dons lequel serait le plus précieux pour toi : La Sagesse, la Force ou la Beauté, un seul d’entre ces dons te manque,c’est le seul qui m’a été confié pour te le restituer au nom de la déesse Flora,mais je ne pourrais te le rendre que situ devine lequel d’entre ces dons te manque »,telle est la sentence de la Déesse Flora .
- Rose de lumière,toutes les bonnes et belles choses de la vie me tentent et je les désire,mais je suis trop vive et je manque de sagesse dans mon impatience,je peux malgré moiblesser etme blesser, je t’en supplie de ma propre volonté,Roselumière je veux la sagesse, peut m’importe la force et la beauté, je veux la Sagesse de ma propre volonté.
Lucile alorss’approcha de la Rose de Lumière etdans un souffle de ferveur répéta solennellementen se prosternant à genoux : Rose de Lumière de ma propre volonté,je veux la Sagesse !
-Je te la donne, accorda la Rose de Lumière, puis alors que Lucile se relevait pour la remercier, l’auréole de Lumière et la Rose disparurent dans un tourbillon de paillettes dorées légères et évanescentes qui s’évanouirentvers le ciel en l’espace d’une seconde.
Toutecette scène surnaturelle, dont nous pouvons penser qu’elle se passait dans les pensées de Lucile et non dans la réalité,n’avait pas duré plus de trois minutes.
Un sentiment douxet puissant envahissait maintenant l’âme, l’esprit et le corps de Lucile, et une grande sérénitépris place dans sa pensée et dans son cœur.
- J’ai 7 ans, aux dires de tous c’est l’âge de raison, je suis grande maintenant et ma promesse et ce don de la Rose m’évitera d’être impatiente et imprudente. Merci Déesse Flora, Merci Rose de Lumière, je vous promets de garder notre Secret à jamais
Puis posément elle quitta le jardin en le contournant à l’intérieur dans le sens des aiguilles d’une montre. Sur son chemin alors que la Rose de Lumière lui était apparue à l’ Est , elle trouva une fourmilière sur le côté Sud ; elle s’attarda un instant à regarder ces petites ouvrières qui inlassablement cheminaient en deux rangs parallèles les unes sortant de la fourmilière pour aller chercher de microscopiques débris d’aliment, d’herbes et poussières de bois, les autres revenant vers leur logis le dos chargés de leur butin précieux, elle fit encore quelques pas et tourna alors coté Ouest ou sous un grand chêne elle du sauter un petit ruisseaud’arrosage et remarqua à ses pieds au-dessus de l’eau courante un petit myosotis bleu au cœur rouge, minuscule, solitaire parmi des tiges d’avoine folle . Elle se souvient alors de la belle légende du Chevalier et du cri d’Adieu qu’il avait lancé à sa Belle Fiancée avant d’être emporté par les eaux, « Ne m’oubliez pas », elle resta un moment pensive et murmura « Non je ne t’oublierai jamais petit Myosotis »,puis elle se dirigea vers la sortie et ramassa sur son parcours une tige sèche qui ressemblait à une baguette, ellecontinua d’avanceren s’amusant à remuer de petits graviers qui jonchaient le sol, mais au moment d’atteindre enfin la porte du jardin,elle remarqua sous des herbes au pied d’un jeune rosier, un serpent qui ondulait son corps et se dirigeait vers elle, interdite elle tendit la tige vers lui et lui dit « Sauves toi Serpent, disparait à jamais dans ton royaume, je n’ai pas peur de toi, sauves toi, vas-t-en, vas-t-en , vas-t-en à tout jamais !, le serpent disparut tout aussitôt dans la nature.
Elle s’éloigna alors à pas vif et atteignit à quelques 10 mètres de là, au milieu de l’allée la sortie du Jardin qu’elle franchit sans se retourner, pour rentrer dans la réalité du monde.
Déjà, sous les sept amandiers fleuris qui s’étalaient de part et d’autre de la sortie du jardin, le prolongeant quelque peu à l’extérieur, des tables longues en bois blanc et des tabourets avaient été disposés. Sur les tables juponnées de nappes blanchesétaient offerts les gâteaux,lescorbeilles de fruits de saison, lesboissons, lesjus de fruits et limonades pour les enfants et lescidres pour les grands et dans deux immenses coupelles en chaque bout de table se trouvaient des morceaux de glace pour rafraichir les bouteilles. Sur une petite table de côté se trouvaient déposés les cadeaux d’anniversaire. Tout autour des tables sa famille et les invitésdéjà se saluaient et parlaient joyeusement. Avant de les rejoindre pour commencer la célébration de son anniversaire elle s’arrêta un instant pour contempler cette scène heureuse, tous souriaient, la joie brillaient dans leurs yeux et tous en la voyant s’écrièrent « Bon Anniversaire Lucile ».
Lucile s’avança alors pour remercier et embrasser les invités, ses parents et ses frères. Une petite peine habitait son cœur, sa grand-mère Agathe, qui lui avait envoyé ses rubans de satins ciel et ses bracelets d’argent gravés de lierre, était absente, appelée au chevet de la fille d’une lointaine parente qui venait de mettre au monde un bébé et qui avait besoin d’aide pour les premiers jours.
Une fois les embrassades terminées et les cadeaux déballés sur la petite table,Lucile remercia et embrassa une nouvelle fois chacun pour son présent ; les adultes et les grands adolescents s’installèrent ensuite autour des tables et la délicieuse collation commença. Les conversations allaient bon train entre les adultes, ces messieurs parlaient de chasse, de récolte, de bétails, de progrès agricole, d’aménagement des routes et canaux d’arrosage, et des nouveaux tracteurs et matériels qui arriveraient certainement d’Amérique et d’Europe plus tard, à la fin de la guerre que tous souhaitaient proche,les dames entre elles parlaient toilettes, modes, naissances, recettes, éducation des enfants. Les enfants s’ébattaient et s’amusaient à leurs jeux préférés tout autour des tables et des amandiers et de temps en tempsse présentaient à la table pour réclamer un petit pâté, une friandise, un gâteau ou une boisson .Sitôt restaurés , ils s’envolaient comme des oiseaux pour rejoindre leurs camarades en poussant des cris joyeux.
Au milieu de l’après midi alors que certains invités commençaient à prendre congé Lucile remarqua cheminant dans l’allée des Caroubiers, Aïcha la mère de Mohammed qui s’avançait d’un pas menu. Elle courut vers elle et en deux minutes fut à ses côtés :
- Bonjour Aïcha, comme je suis contente de te voir, tu sais aujourd’hui j’ai sept ans,viens, viens vite avec moi sous les amandiers, s’écria-t-elle en la tirant par la main, tu vas t’asseoir avec nous et manger des gâteaux et boire de la Limonade, c’est mon anniversaire !
- Oui je le sais ma petite, justement je venais te voir et regarde ce que j’ai porté pour toi, c’est mon cadeau !
- Et Aïcha écartant légèrement son voile blanc sorti del’encolure de son corsage une Églantine qu’elle lui donna en se penchant pour l’embrasser sur la joue.
- Lucie toute joyeuse sentit son cœur battre de joie.
- Oh ! Je suis sûre que c’est la plus belle fleur de ton Ferblantier ! Merci, Merci Aïcha c’est mon plus beau cadeau du jour avec cette petite médaille bleu que m’a offert Albine, mais tu sais toi que j’aime les fleurs, Oh ! Merci ! Merci de tout mon cœur, je vais tout de suite la mettre dans un verre d’eau et la porter dans ma chambre. Vas vite rejoindre mes parents, ils sont toujours contents de te voir et Maman qui se doutait de ta venue a préparé pour toi une petite corbeille de gâteaux arabes qu’elle a fait acheter ce matin au marché par ton fils. Est-ce que je pourrai demain soir après l’Ecole venir m’assoir avec toi prés de ton kanoun pour te voir cuire tes makrouts et en manger un ou deux ?
- Mais bien sur ma « Zina » (jolie) si tes parents te donnent la permission tu pourras venir manger avec moi des makrouts et je te ferai voir un nouveau petit chat tout blanc et tout petit que mon fils m’a rapporté du village il y a trois jours , il est tout mignon avec des yeux verts, il parait que c’est une belle race, c’est un serviteurdumarabout qui lui a donné. J’aime bien les chats,mais il faut s’en méfier,parfois ils ressemblent « à azrine » (au diable), mais ce petit là,il est tout petit et ne montre pas encore son caractère. Et puis aussi dans le Douar je t’emmènerai voirma nièce Zohraavec ses enfants, elle a un bébé qui vient denaître et c’est ta mère qui a aidé à la naissance.
Aïcha et Lucile continuèrent à bavarder un moment,pendant que ses parents raccompagnaient jusqu’à leur voitureles invités qui se retiraient les uns après les autres, puis une fois qu’ils furent tous partis, Lucile laissant Aïcha avec ses parents sous les amandiers se retira dans sa chambre pour y porter son Eglantine.
Quand elle revint la fête était terminée et le soir s’annonçait déjà grisant le ciel bleu et le cloutant de l’or des premières étoiles dont l’Etoile de Vénus qui brillait de tout son éclat.
Lucile tout au long de sa vie se souvint de l’anniversaire de ses sept ans, du merveilleux secret de la Rose qu’elle ne dévoila jamais à personne comme elle l’avait promis à la Déesse Flora et le miracle fût que d’année en année elle devint de plus en plus sageet douceet ce qui ne gâte rien,bellecomme une rose aux dires de ceux qui l’aimaient. Mais comme on ne peut être aimée de tout le monde, il est certain que d’autres l'ont trouvée pas trop sage , trop vive , emportée et même laide.
En conclusion, il vaut mieux être sage que belle, la sagesse ne provoque pas la jalousie, mais la beauté oui, et à tel point que Lucile bien souvent en fut victime dans sa jeunesse de la part même d'amies très proches et qu'elle en souffrit longtemps comme d'autant d'épines plantées dans son coeur
C’était le momentpour Mohammed de faire ses recommandations :
- Nousvoilà arrivés, tes camarades sont déjà devant l’Eglise, je vais te laisser là et tu pourras les rejoindre, ensuite j’irai garer la voiture dans la petite rue derrière la Boulangerie et je donnerai un peu d’avoine au cheval, pendant qu’il mangera tranquillement attaché au poteau, je porterai directement la corbeille de fruits et légumes chez Monsieur le Curé, ensuite j’irai faire les commissions pour ta maman la « Moulchia » (la Patronne) et acheter des cigarettes pour le Moulchi ( le Patron) et à la fin de la Messe tu me trouveras ici. Ne bouge pas, je vais t’aider à descendre.
Sitôt dit, sitôt fait, Mohammed descendit prestement de la calèche et la contournant vers l’arrière revint à l’avant sur la gauche, poursaisirLucile comme une plume et la déposer dans un tourbillon de mousseline blanche et de ruban bleu sur la Place de l’Eglise, comme un paquet cadeau !
Lucile rectifia les plis vaporeux de sa jupe et s’éloigna pour rejoindre ses camarades qui se tenaient au bas du Parvis et lui faisaient des signes de bienvenue, elle s’appliquait à marcher bien droite comme sa maman le lui avait recommandé, quand elle entendit des pas précipités derrière elle. C’était Mohamed qui lui portait en courant la gerbe de fleurs.
- Voilà les fleurs pour Mademoiselle Gentille de la part de ta maman, Bon ! Tu as bien compris sitôt après la messe je te retrouverai en bas de l’Allée.
Lucile impatiente de retrouver ses camarades s’irrita avec impertinence les joues subitement en feux et les yeux pleins d’éclairs d’orage :
- Non pas tout de suite après la Messe, j’aurai besoin de 10 minutes pour aller choisir mes friandises, c’est toi qui m’attendras, tu entends tu m’attendras, je n’ai pas à me presser pour personne, donc tu m’attendras !
Il arrivait parfois à la petite Lucile de prendre un ton sans réplique et elle avait justement accentué impérativement ces mots « donc, tu m’attendras » et elle s’aperçut tout aussitôt en voyant Mohammed vexé froncer ses sourcils sans mot dire, en serrant sa mâchoires, qu’elle venait de commettre une impertinence en oubliant la recommandation que ses parents faisaient quand à la façon pour les enfants de s’adresser aux adultes qui travaillaient chez eux : « surtout n’oubliez pas qu’ils travaillent pour la ferme et qu’ils ne sont pas à votre service ; vous n’avez aucun ordre à leur donner et au contraire référez vous à eux si nous ne sommes pas là pour demander une permission ou autre chose dont vous pourriez avoir besoin, et le tout sans faire de caprices et avec politesse »
Lucile pencha sur sa poitrine un visage aux joues rouges cette fois de confusion :
- Écoute-moi Mohammed, je ne voulais pas te commander, simplement te dire que je voulais aller acheter des friandises après la Messe, si tu en es d’accord, prononça-t-elle d’une voix calme et claire malgré son trouble.
Puis elle leva la tête et regardant Mohammed en face elle attendit sa réponse :
- C’est d’accord 10 à 15 minutes, pas plus d’un quart d’heure, nous devons arriver à la ferme avant votre repas de Midi et tu sais que ton père veut toujours que nous arrivions à l’heure.
- Je ferai comme tu dis, Mohammed 10 à 15 minutes pas plus
Mais en même temps elle se dit en elle-même : je ne me suis pas excusée, j’ai dit « je ferai comme tu dis », et je n’ai pas dit non plus « j’obéirai je te le promets », comme le voudraient mes parents, mais pour ce jour bien sur je l’écouterai et ne prendrai que 10 minutes, et tout en pensant à cela elle se disait aussi qu’elle avait commis une faute et qu’elle devrait en parler en confession le jeudi prochain à Monsieur le Curé. Cela lui vaudrait en pénitence peut-être une série de cinq Pater ou Ave à réciter, mais cette éventualité lui parut peu pénible et tout aussitôt elle se dit avec un relent de mauvais caractère, « si je l’écoutais sans répondre, il me ferait marcher au pas de course après la messe pour monter dans la calèche, lui il n’a que ça à faire, c’est son travail, comme il dit, mais pour moi c’est « mon dimanche » et en plus aujourd’hui mon anniversaire , je lui ai répondu donc, mais bien sur trop vivement »
Lucile comme nous pouvons le voir avait de bons et de mauvais côtés comme tout les enfants, elle était sociable, aimait étudier et recevoir l’enseignement des adultes, et tout son cœur était tourné dans l’admiration de la nature, mais elle ne supportait aucune réflexion de son cocher qui avait été aussi son gardien dans sa toute petite enfance et qui autrefois lui passait tout, alors qu’au fur et à mesure qu’elle grandissait, devenait de plus en plus distant, ferme et sévère avec elle. Il ne m’aime plus, autrefois je l’aimais presque autant que mes parents et encore aujourd’hui je l’aime presque autant, mais s’il continue à me donner des ordres je crois que je ne l’aimerai plus du tout rageât-elle en elle même.
Toute cette réflexion intérieure lui avait pris quelques minutes et ses petites camarades les plus proches s’étaient avancées vers elle en sautillant :
- Bonjour Lucile, viens pressons nous, la Messe va commencer, il faut rejoindre le rang devant le parvis.
Elles pressèrent le pas s’avançant vivement dans l’allée centrale pour rejoindre le porche alors que les fidèles se trouvaient déjà dans l’Eglise et que les enfants du catéchisme se formaient en rang sur le parvis pour y pénétrer, les plus petits devant et les plus âgés derrière en longue file.
Enfin elles y arrivèrent, Lucile fit une petite révérence à Mademoiselle Gentille en lui offrant la gerbe de roses, de la part de sa maman, tout en lui souhaitant bonne Fête. Mademoiselle Gentille alignait les garçons à droite et les filles à gauche des marches de l’Eglise et le capucin pressé de fermer les deux grandes portes de l’Eglise leur faisait signe de se presser. A l’intérieur de l’Eglise, en attendant que Monsieur le Curé et ses enfants de chœur arrivent devant l’hôtel pour commencer l’Office, La Directrice de l’école, Mademoiselle Brochard, une excellente musicienne et chanteuse et qui de plus dirigeait la Chorale de l’Eglise jouait de l’orgue à la galerie supérieure, une musique douce et aérienne, qui semblait venir du ciel transportés par les Anges. Les enfants se placèrent dans les premiers rangs qui leur étaient réservés.
Mademoiselle Gentille impressionnant dans son alluresévère,était placéeà droite dupremier banc des filles , assise droite comme un « i » dans son tailleur bleu marine à longue jupe , avec son béret basque noir posé bien droit surses cheveux gris, coupés tout droit en carré autour de tête et son chapelet en perles violettes transparentes et chaînettes et croix d’argent,pendu à ses mains jointes.
L’orgue se tut, la Messe commençait, le prêtre au pied de l’autel et les enfants de cœur, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche et un autre derrière lui, firent le signe de croix ainsi que toute l’assistance. Tous les enfants s’agenouillèrent regardant attentivement l’Autel puis posèrent leurs mains jointes sur la tablette qui surmontait le banc en récitant intérieurement « Je m’approcherai de l’autel de Dieu, du Dieu qui réjouis ma jeunesse », puis ils ouvrirent leur missel pour lire en silence le Psaume 42 qui figurait dans missel, traduite en Français sur la colonne droite en face du texte en latin de la colonne gauche, puis le Prête dit le confiteor en latin et toute l’assistance répondit à voix haute la prière « Je me confesse à Dieu tout puissant …… » Pendant cette prière il fallait à un certain moment dire « C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute », et comme leur avait appris Mademoiselle Gentille qui les surveillait du coin de l’œil, en se retournant de temps en temps, aucun d’entre eux ne manqua, en prononçant ces mots, de poser la main droite sur leur cœur par trois fois avec un vague sentiment de culpabilité ; à la fin de cette prière le Prêtre se tourna vers l’assistance les bras étendu et pria pour les fidèles , en déclarant une première fois en latin et une deuxième fois en français « Que Dieu tout puissant vous fasse miséricorde et que vous ayant pardonné vos péchés, il vous conduise à la Vie Eternelle. Ainsi soit-il. »
Lucile qui n’avait pas la conscience tranquille en raison de son attitude orgueilleuse du matin envers Mohammed, tout juste avant la messe, et de la conclusion intérieure qu’elle en avait tirée se senti soudain soulagée. Bon, pensa-t-elle, c’est sur j’ai péché et j’ai été orgueilleuse et j’ai eu de mauvaises pensées, mais je viens de réciter le « Je me confesse » et le Prêtre a demandé à Dieu de nous pardonner nos péchés, donc je suis sure qu’il sera entendu, parce que Monsieur le Curé est aussi grand qu’un Saint et que le Bon Dieu l’aime tant qu’il l’exaucera et que je serai pardonnée. Et pour consolider ses pensées tout en se levant, s’agenouillant, s’asseyant en même temps que ses compagnes pour suivre l’office, elle perdit le cours de la messe pour réciter en elle-même dix « Je vous salue Marie » en lui demandant à la fin de chaque prière « priez pour nous pauvres pêcheurs maintenant et à l’heure de notre mort, ainsi soi-t-il ». Ainsi ce sera fait avant ma confession, pensait-elle, il vaut mieux que je débarrasse de cette punition à l’avance.
Lucile, comme on le voit, ne se gênait pas pour régler ses petits péchés à sa façon et aumieux de ses convenances, maispendant ce temps la Messe se poursuivait à son rythme et elle s’aperçut qu’elle avait raté l’Introït, l’Epitre et l’Oraison et elle du se pencher vers sa compagne pour retrouver la bonne page du Missel avant l'évangile.
L’assistance à ce moment là se leva et elle fit comme tous les fidèles un petit signe de croix sur son front, ses lèvres et sa poitrine, pendant que le Prêtre prononçait la prière de Purification avant de prêcher l’Evangile. Le prête prêcha pendant un bon quart d’heure, mais Lucile écoutait plus sa voix que les mots et le sens de l’Evangile, elle était un peu remuée par toutes ses prières intérieures et se demandait maintenant si elle devrait en plus se confesser le jeudi prochain pour effacer totalement ses péchés qu’elle grossissait au fur et à mesure que la Messe se déroulait.
Elle en avait de nouveau perdu le fil et contemplait les statues des Saints et des Saintes qui ornaient l’Eglise, sur sa gauche elle arrêta son regard sur la statue de Sainte Thérèse qui tenait des roses rouges sur son cœur en levant ses yeux suppliants au ciel. Ah se dit-elle, Sainte Thérèse effeuillait les roses et envoyait les pétales à Notre Seigneur Jésus Christ et maintenant figée en statue elle ne peut plus le faire de cette terre qu’elle a quittée, au Paradis il y a sûrement des roses et sans doute en offre-t-elle au Bon Dieu, au petit Jésus et à la Sainte Vierge.
La Chorale entonnait le « Tantum Ergum » accompagné à l’orgue par Mademoiselle Brochard. Les sons harmonieux la ramenèrent à l’Office de la messe et elle chanta le dernier couplet avec tous les fidèles. Elle se souvenait que c’était l’un des chants religieux préféré de sa grand-mère Agathe et regretta qu’elle fût loin d’elle. Puis vint le temps de la quête, elle fouilla dans son petit sac et avec un joli sourire déposa une piécette dorée dans la corbeille en estimant que la valeur de ce que l’on donne ne suffit pas et qu’il faut donner selon ses moyens avec bon cœur et sans regret, c’est le geste qui compte pour ceux qui comme moi n’ont que leur argent de poche regrettant de n’en pouvoir donner plus.